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123 Procès - C'est pas des paillettes c'est des sequins...

Le premier jour de la mobilisation (1er juin), un cortège festif parcourera Bar-le-Duc (voir la page programme). Dress-code : violet à paillettes ! Ramène tes plus belles parures. Sur place, il y aura quelques vêtements en libre service, et peut-être même des teintures pour les cheveux ! Mais pourquoi du violet, et pourquoi des paillettes? Petite explication en forme d’obsession policière…

 

Les enquêteurs de tout poil font montre d’une étrange inclination à débusquer les chefs là où il n’y en a pas. De manif en manif, l’effrayant et ténébreux leadership du black bloc s’incarne parfois dans un nom, parfois dans un groupe, dans un geste ou même dans un parapluie. Rien de nouveau sous le soleil, et une de plus fois ils se sont illustrés dans le domaine de la bêtise. A Bure, le 15 août 2017, c’était dans une couleur, et pas n’importe laquelle…

 

So let me introduce to you… celui qui a tout manigancé, le grand ordonnateur du désordre, le chef des casseurs, celui qui les gouverne tous et dans les ténèbres les lie…

*LE* *VIOLET* A *PAILLETTES**

 

Ou le glitter block comme ils disent dans le dossier.

 

Sauf que déjà non, première approximation policière : c’est pas des paillettes, c’est des sequins. Les paillettes ce sont des petites lamelles, les sequins des perles discoïdales. Ça n’a pas la même forme, et dans un procès, la forme, ça fait tout. La forme, c’est ce qui fait qu’on ne peut pas empêcher les gens d’être témoins de la perquisition de leur propre domicile, sinon ça ne vaut pas un clou ; qu’on doit notifier aux gens sous quel régime ils sont (audition libre, garde-à-vue?) sinon c’est du pipi de chat ; qu’on ne doit pas procéder de force à des prélèvements ADN, etc.

 

Bref, c’était des sequins. Et pas qu’un peu : tout un rouleau de tissu violet à sequins, méticuleusement découpé en petits morceaux, et accroché un peu partout le 15 août 2017, en bandeau, en brassard, en ceinture, en masque, en voile, pour égayer la manifestation. Amère tentative de mettre un peu d’allégresse et de couleur dans ce cortège, bientôt réduite à néant sous la pluie de grenades GLI-F4 qui emportera un pied, ce jour-là.

 

Un an plus tard, à l’été 2018, les enquêteurs n’en démordaient pas : le triste fanion violet devait être un signe de reconnaissance, sans doute celui des chefs. Les voilà donc qui cuisinent l’avocat du mouvement : pourquoi portait-il lui-même ce morceau de tissu ? Qu’a-t-il dit à l’oreille d’un individu vêtu de noir ? Un ordre d’attaque sans doute ?

 

Quelques mois plus tard, l’obsession du violet (purpuromanie?) ne les lâche toujours pas – en rêvent-ils comme nous cauchemardons leurs uniformes bleus ? Ils auditionnent maintenant une militante « historique », comme on dit : on l’a vu parler à quelqu’un qui portait du violet… serait-elle donc de celles qui commandent à ceux qui ordonnent ? La cheffe des chefs en somme ?

Leur hypothèse a fait long feu : c’est là le triste sort des fictions policières les plus grossières.

 

Gageons en tout cas qu’après avoir passé des mois à bêtement traquer, de perquisition en perquisition, le moindre haillon violet, en voir soudain dans tout Bar-le-Duc serait de nature à leur donner des sueurs froides. Ça tombe mal : c’est justement le dress-code du cortège festif du 1er juin ! En hommage à leur balourdise crasse, et puis parce que c’est seyant, on se donne rendez-vous à 14h tous et toutes en violet… à sequins ! Les paillettes, on leur en mettra plein les yeux, et puis c’est tout : on verra bien alors si la justice est aveugle…

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