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Communiqué 05/03/2021 - Les brèves de Cigéo/Bure

Toutes les infos autour de Cigéo et de la nucléarisation du territoire en Meuse/Haute-Marne ne peuvent pas faire l'objet d'un communiqué systématique. Il y aurait beaucoup trop à dire. Nous vous proposons donc régulièrement un récapitulatif des actualités et articles intéressants sur le sujet.

 

Le rectorat déroule le tapis rouge à l'Andra chez les scolaires mais refuse la diffusion de la bande dessinée "Panique à Bure"

L'ANDRA a ses entrées dans le milieu scolaire depuis des années, mais le rectorat n'accepte pas la diffusion de la bande dessinée "Panique à Bure" de l'Eodra !
La plupart des jeunes ont déjà visité le laboratoire de Bure et en ressortent avec cette communication à sens unique ! Accueil dans le centre d'information, lecture au berceau du Journal de l'Andra, expositions en tout genre : l'intrusion de l'Andra dans les établissements scolaires est multiple.

 

Il était important d'apporter une contre-information dans les établissements scolaires et l'Eodra a réalisé cette bande dessinée qui constitue pour cela un support pédagogique intéressant. Mais le rectorat refuse, au motif que Cigéo est conforme à la réglementation. Absurde ! Il ne s'agit pas de rentrer dans l'illégalité avec cette bande dessinée mais d'ouvrir un champs de réflexion sur le sujet plus large que celui verrouillé par l'Andra !

 

Il est certain que ce refus sera contourné et que l'objectif de la BD devra être rempli.

 

 

Reportage de France 3 du 03/03/2021 : "Panique à Bure : une BD pour contrer la communication de l'Andra aux écoliers"

 

 

La régression du droit de l'environnement sous couvert de simplification est une catastrophe

Que penser d'une enquête publique sur un méga-projet  industriel comme celui de Cigéo qui se déroule uniquement en ligne ? C'est ce qui est notamment permis par la toute récente Loi ASAP. Voilà qui va affaiblir un peu plus encore la procédure d'enquête publique qui porte déjà en elle le déni démocratique :
- La commission d'enquête est en partie nommée par le préfet.. qui prend aussi la décision finale !
- Seulement 3% d'avis défavorables rendus sur 5000 enquêtes publiques en 2019 ! Qui se souvient de l'affaire Gabriel Ullman, radié de sa fonction de commissaire enquêteur suite à un avis défavorable sur le projet Inspira ?  Son cas avait mis en évidence les pressions subies par les commissaires enquêteurs qui ont l'audace de rendre de temps en temps des avis défavorables. Lui avait une moyenne de 10% d'avis défavorables rendus...
- La population n'est absolument pas décisionnaire. L'enquête publique d'Unitech restera dans les mémoires ! 87% des 712 avis déposés défavorables, avis des commissaires enquêteurs favorable - avec réserves, projet autorisé par la préfecture..
Lire : Reporterre, "L'Autorité Environnementale étrille des mesures de la loi Asap"

Aïe, aïe, aïe, POMA ! Remonte la pente ! Ne tombe pas au fond du trou de Bure...

 
Habituée aux tire-fesses, la société POMA n'a toujours pas compris que le projet Cigéo pourrait bien devenir sa piste noire.
Poma, société spécialisée dans le transport par câble, a signé un marché avec l'Andra en 2014 pour la construction du funiculaire qui descendrait les déchets à 500 mètres sous terre. Elle construit ce prototype à Froncles en Haute-Marne.

On apprenait le 2 mars dans le Journal de la Haute-Marne que "les pièces essentielles du funiculaire sont sur place et vont maintenant être assemblées".

 

 

Tout le gratin (représentants du GIP 52, du Conseil départemental, de la CC 55/52, d'Energic 52/55, de Poma et de l'Andra) était présent pour découvrir le montage de la maquette !

Poma communique volontiers sur ses nouveaux télésièges dans les Alpes ou sur son projet de télécabines à Medellin en Colombie. Mais elle reste fort discrète sur son implication dans le projet Cigéo. Et pour cause : cela ternirait son image de marque, liée au tourisme, aux vacances et aux transports en commun.
Alors que la construction se poursuit à Froncles, continuez d'interpeller la société POMA sur ses réseaux sociaux (des idées ici)

Retrouvez l'appel de notre campagne "POMA désengage-toi !" lancée fin 2020 !

La base de maintenance nucléaire de Saint-Dizier aurait dû être classée Installation Nucléaire de Base

La semaine dernière nous annoncions que nos associations venaient de déposer plainte contre la Bamas (retrouvez ici toutes nos explications).
L'intérêt est double :
- Si cette base de maintenance nucléaire a été classée installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) au lieu d'installation nucléaire de base (INB), cela signifie qu'elle fonctionne sans autorisation. Juridiquement, c'est une infraction pénale.
- L'autre conséquence, c'est que la population de Saint-Dizier n'est pas correctement informée sur la nature de cette activité. Pour la plupart des habitant-es, et c'est du bon sens, toute activité nucléaire est surveillée par une instance spécialisée du nucléaire. Or, de nombreuses ICPE nucléaire existent sur le territoire et sont contrôlées par les DREAL qui n'ont aucune compétence en la matière. Mais qui le sait ?
Journal de la Haute-Marne, 27/02/2021

DUP de Cigéo : le processus DOIT être stoppé !

Suite à l'avis de l'Autorité Environnementale sur le dossier de demande d'utilité publique (DUP) du projet Cigéo, nous avons cherché à le rendre visible, tant il met en évidence que les incertitudes en défaveur de Cigéo sont rédhibitoires :
- Une tribune a été publiée dans le Monde par 19 organisations nationales réunies sous la bannière du Front associatif et syndical contre Cigéo. Elles demandent le gel du processus à cause des lacunes du dossier.
Pour la lire en entier, c'est ci-dessous !
- Une campagne d'interpellation des personnalités politiques et des autorités a été lancée par nos associations afin qu'elles prennent leurs responsabilités. Ministres, députés, sénateurs, conseils départementaux, IRSN, ASN etc., personne n'a été oublié. Nous sommes en attente de réponse à nos courriers.

Dans cette interview de Barbara Pompili par Reporterre en date du 25 février, alors qu'il lui est demandé ce qu'elle compte faire par rapport à la DUP, la Ministre reste évasive et répond qu'il "lui paraît très difficile qu'elle soit signée en 2021". Sauf que la question n'est pas "quand est-ce que la déclaration d'utilité publique sera signée ?" mais est-ce que le Ministère de la Transition Écologique qui en a la tutelle va exiger le gel du processus au vu du  dossier qui comporte d'énormes insuffisances !

Nous avons un exemple concret qui montre que le processus doit être stoppé : le Conseil communautaire des Portes de Meuse s'est retrouvé dans l'impossibilité de donner un avis à cause des manques du dossier (lire l'article de l'Est Républicain du 13/02/2021 "Cigéo : les imprécisions du dossier agacent les élus").
Comment l'enquête publique pourrait avoir lieu dans ces conditions ? Comment un projet nucléaire d'une telle envergure pourrait être déclaré d'utilité publique malgré les inconnues majeures qui entourent le dossier ?

 

L'Andra se cache derrière le temps long du projet et les différents stades décisionnels au fur et à mesure de sa progression pour justifier les manques à ce stade ("c'est normal, on verra ça plus tard !"), mais il n'en reste pas moins que la population sera amenée à se prononcer sur l'utilité publique d'un projet sans avoir toutes les billes pour se faire un avis : pas de rapport de sécurité ni de faisabilité, estimation des incidences environnementales et sanitaires insuffisantes, inventaire des déchets non déterminé ... pour ne citer que ces exemples éloquents.

Cigéo : pour la première fois, la reconnaissance du préjudice sanitaire

ça alors ! Finalement vivre à côté d'un gigantesque centre d'enfouissement de déchets radioactifs ne serait pas la panacée ! Vivre à proximité de Cigéo exposerait à des risques sanitaires, - c'est l'Autorité Environnementale qui le dit.
En plus de décrire les lacunes du projet, remettre en cause ses fondements, pointer les manques dans l'évaluation des conséquences sur la faune, la flore et les eaux, l'Ae interroge la stratégie de développement du territoire. Elle l'estime incompatible avec la nature du projet et les incertitudes à long terme. Elle suggère même de transformer la zone en un espace naturel préservé afin de chercher à limiter la population exposée à ces aléas. Finalement, l'Autorité reconnaît que le projet Cigéo comporte des risques sanitaires pour la population.
Avec Cigéo, il faudrait sanctuariser le territoire. (lire l'article ci-dessous de L'affranchi du 22/01/2021)

Cigéo serait incompatible avec le développement économique, touristique, démographique de nos départements

Évidemment, avec la reconnaissance du préjudice sanitaire, c'est le projet de développement territorial signé en 2019 par les deux conseils départementaux qui en prend un coup.
Le projet de territoire est au cœur de l'acceptabilité du projet. Sans ces promesses de développement économique, l'acceptabilité s'envole. Sans elles, jamais il n'y aurait eu de laboratoire à Bure. Sans le pactole, plus aucun intérêt pour les élu-es locaux de soutenir le projet ! Le Canard enchaîné a tapé dans le mille avec cet article. Voilà qui devrait plaire aux habitant-es de Meuse et de Haute-Marne et aux élu-es aveugles et cupides : avec Cigéo, non seulement on devrait oublier le développement économique du territoire mais en plus le risque sanitaire serait réel donc il vaudrait mieux déménager !

De quoi faire réfléchir, non ?

Le Conseil Départemental de la Haute-Marne organise la désertification de son département

De quoi faire réfléchir disions-nous... Apparemment non ! Malgré cet avis et ces recommandations, le Conseil réitère son soutien à Cigéo.. (lire l'article du JHM du 20/02/2021)

 
En septembre dernier, le Conseil s’oppose à Unitech car ses impacts seraient trop lourds pour l’environnement et un tel projet abîmerait l’image du département. Six mois plus tard ce même conseil renouvelle son soutien à Cigéo malgré les risques environnementaux et sanitaires sans commune mesure et l’avis de l’Autorité environnementale qui recommande d’empêcher le développement et l’attractivité du secteur.

Le tout pour tout... Nous avions interpellé dans une lettre rendue publique le Conseil, considérant que les raisons qui avaient motivé la motion contre Unitech en septembre dernier devaient immanquablement mener à un avis défavorable sur le projet Cigéo, sans succès..

 

Qu’est-ce qui différencie Cigéo de Unitech pour ces conseillers ? L’argent qui va avec, et c’est tout. Tant pis si le territoire devient inhabitable. Cette vision du court terme est lamentable !

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Lettre envoyée au Conseil départemental par le CEDRA
Cedra - Lettre CD52 18022021.pdf
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Il faut dire que Bruno SIDO, interviewé par France 3 Champagne Ardenne, avait trouvé le moyen de remettre en cause les compétences de l'AE. Entre culot sans pareil et arrogance suprême, le sénateur haut-marnais longtemps aux manettes du Conseil départemental de la Haute-Marne avait balayé l'avis et ses 56 pages.

Unitech n’était qu’une posture de circonstances. On s’en doutait bien. Mais cette position sur Cigéo pourra coûter très cher à ce département et il n’y aura pas à chercher bien loin pour trouver les responsables.

Le témoignage d'un habitant haut-marnais

Dans ce courrier des lecteurs, un habitant du nord de la Haute-Marne s'interroge sur les ambitions contradictoires des élu-es du département : concilier projets nucléaires et développement touristique, est-ce possible ?
Il rappelle l'anecdote révélatrice du lac de la Bures, site touristique en Meurthe-et-Moselle. La commune, souffrant de sa quasi homonymie avec Bure de Meuse, avait lancé une campagne de communication pour s'en démarquer (campagne financée en partie par l'Andra pour la petite histoire !). C'est un exemple parmi d'autres, ils ne manquent pas.

Personne ne viendra s'installer ou visiter un territoire nucléarisé. Celles et ceux qui disent le contraire mentent. Et une fois encore, l'avis de l'Autorité environnementale va dans ce sens : Cigéo a besoin d'un désert autour de lui, pas d'activités et de sites touristiques !

Stocamine, la leçon de Bure

Le 8 février, nos collectifs de Meuse / Haute-Marne et celui de Destocamine publiaient cette tribune sur le site de Reporterre.

"Il faudra que l’on tire des leçons de l’Histoire, une leçon de ce qu’il s’est passé, une leçon sur la parole de l’État et l’utilisation du mot « réversibilité ». Je crois qu’il faut le bannir à tout jamais ce mot." Barbara Pompili en visite sur le site de  Stocamine a prononcé cette phrase stupéfiante. Pour elle, nous avons donc tiré en urgence les leçons à retenir de ce fiasco..

1) L'accident impossible peut arriver. Aux dires des exploitants de Stocamine, le site était stable pour au moins 10 000 ans. A Bure, l'Andra nous sert le même topo. Mais en Alsace, un simple défaut dans la procédure d'admission des colis a conduit à l'accident de 2002. Et m...

2) Mêmes promesses fumeuses : Stocamine était présenté comme une aubaine mais la Silicon Valley alsacienne ne verra jamais le jour et seulement 15 emplois seront créés. Même stratégie à Bure : un milliard d'euros déjà dépensé pour l'acceptabilité mais le laboratoire installe le désert nucléaire dans un département à vocation rurale, agricole, forestière. Les acteurs du territoire ont le sentiment d'avoir été roulés dans la farine !

3) Le cœur du mensonge : "Nous devons garantir les conditions techniques et financières de la remontée" disait le président de Stocamine à sa création. La réversibilité n'était pas une promesse, mais une obligation légale. Les gouvernements successifs ont perdu du temps, mais c'est bien Barbara Pompili qui enterre définitivement la parole de l’État sur ce dossier.
4) La leçon : Le refus de respecter le cahier des charges de Stocamine aujourd’hui confirme que demain à Bure, si Cigéo était autorisé, même en cas d’accident jamais l’option de récupérer les déchets ne serait retenue, pour des raisons techniques, politiques ou financières.

OUF

Le procureur avait fait appel de la levée des contrôles judiciaires des militant-es mis-es en examen pour association de malfaiteurs. Les profonds soulagements s'étaient quelque peu dissipés pour laisser place à la crainte de ne plus pouvoir se voir à nouveau. Mais l'appel du procureur a été rejeté. Des années que nous dénoncions ces contrôles judiciaires liberticides au cœur de l'instruction criminalisant les opposant-es à Cigéo.

Nous ne savons pas s'il y aura un procès ou non, cela dépendra de la décision du juge d'instruction. Mais certain-es préviennent déjà : si procès il y a, ce sera celui de la poubelle nucléaire !

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