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Les brèves de Cigéo/Bure - décembre 2020

Une sinistre avalanche de nucléaire...

Peut-être que Macron a besoin du nucléaire, mais pas la France

 

En cette fin d'année, le président réitère son soutien sans faille au nucléaire, entre déclarations aux médias et visite au Creusot. Les réactions se multiplient :
- la réaction du Réseau Sortir du nucléaire : "Macron au Creusot tente de manipuler les consciences : quand les mensonges sont proférés avec un sourire présidentiel"
- la réaction du collectif Arrêt du nucléaire 
- la réaction des associations de Meuse/Haute-Marne contre Cigéo "Macron veut encore du nucléaire mais que fait-il des déchets ?"

Pour séduire, le président use et abuse de mensonges. Dans une tribune publiée le 9/12/2020 sur Reporterre "Le nucléaire conduit la France dans une impasse", Corinne Lepage  réagit : "Tout ce qu'il dit est faux". Elle tord le cou aux idées reçues sur le nucléaire et explique pourquoi le recours à cette énergie ne peut répondre aux objectifs climatiques.
Barbara Pompili, Ministre de la Transition Écologique, historiquement très critique vis à vis du nucléaire, est depuis quelques jours devenue aussi mutique sur Nicolas Hulot son prédécesseur.

Fuite massive de documents confidentiels chez EDF

Greenpeace et Médiapart ont eu accès à des milliers de pages relatives à la sécurité du site nucléaire de Flamanville. Au menu : des courriers, des fichiers, des plans précis au mètre du site, les schémas de clôtures électriques, les alarmes qui y sont reliées, la position des caméras, la vues des caméras et les détails de leurs angles morts... En cause : le système de sous-traitance en cascade. Si Greenpeace en a été destinataire, c'est bien parce que ces fichiers circulent au sein d'entreprises prestataires qui se succèdent sur le chantier. La personne ayant confié ces documents à l'ONG souhaitait démontrer que ces fichiers n'étaient pas protégés comme ils le devraient et que les procédures censées garantir la confidentialité des secrets de la sécurité nucléaire ne sont pas respectées.
Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne a évoqué le sujet lors des Questions au gouvernement du mercredi 9/12/2020. La réponse de Olivia Grégoire, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable, est hallucinante : selon elle, la fuite de milliers de pages détaillant le système de sécurité de l'EPR de Flamanville "ne pose pas de problème de sécurité" ! Le gouvernement ne verrait donc pas de problème à ce que Greenpeace les diffuse ?! Irresponsables !
Nous vous conseillons :
- l'article du 5/12/2020 sur Médiapart de Jade Lingaard "Nucléaire, la sécurité percée d'EDF"
- l’émission « A l’air libre » de Médiapart où vous pourrez entendre Jade Lindgaard, Mathilde Panot et Yannick Rousselet (Greenpeace)

Un rapport mondial sur les déchets nucléaires a fait parler de lui

Les récentes actualités montrent que Emmanuel Macron appuie avec force sur l'accélérateur de l'engrenage nucléaire. Prenant bien soin de parler de l'avenir de la filière sans évoquer son passé. Mais la réalité, c'est que l'accumulation des déchets radioactifs reste un problème non-résolu dans la plupart des pays nucléaires. Avec à chaque fois des enjeux techniques et financiers énormes. Sans estimation réaliste des coûts et des risques.

 

Lire l'article du Monde du 4/11/20 "L'Europe toujours sans solution de stockage définitif de ses déchets nucléaires les plus dangereux"

Autorisation de mise en service partielle de l'EPR de Flamanville

Typique de la politique du fait accompli dont raffole l’industrie nucléaire. Mais pourrait-elle s’implanter dans ?! L’EPR de Flamanville pourrait ne jamais être être mis en service, criblé de malfaçons, accusant toujours plus de retard, gonflant le coût de plusieurs milliards à chaque fois.

Et pourtant, une mise en service partielle autorisée par l’ASN depuis le 8 octobre permet d’acheminer du combustible de la Drôme à la Manche et de l’entreposer, destiné à ce réacteur.

 

Lire le communiqué du Réseau sortir du nucléaire

ICEDA : signez la cyberaction !

Le nucléaire en roue libre : mise en service partielle de l'EPR de Flamanville, dépôt de demande de DUP de Cigéo (sans démonstration de faisabilité, mais c'est normal nous dit-on), déplacement du projet de construction d'une piscine d’entreposage centralisé de combustibles usés de Belleville à La Hague... mise en service de l'ICEDA dans l'Ain, c'est à dire d'une nouvelle plaque tournante du trafic des déchets nucléaires !
L'industrie nucléaire donne l'illusion de traiter et gérer ses déchets et matières radioactives, mais elle ne fait qu'en générer toujours plus. Et de fait, toujours plus de sites mis en service ou en projet, et toujours plus de transports dangereux sur nos routes et nos rails.
Pour soutenir la cyberaction "Halte à la contamination généralisée", c'est par ici

Les petites infos autour de Cigéo

Le juge d'instruction clôt l'enquête pour association de malfaiteurs à Bure

Ce n’est pas un rebondissement mais une étape. Le dossier passe du bureau du juge d’instruction à celui du procureur. Quand il reviendra sur celui du juge d’instruction, nous saurons s’il y a un procès ou non.
On espère la levée des contrôles judiciaires qui pourrissent la vie personnelle de nos ami-es et handicapent notre lutte.
Lire l'article du 4/12/2020 sur Reporterre

GIP, GIP, GIP, HOURRA !

L’argent du nucléaire soutient les entreprises fermées administrativement à cause de l'épidémie covid-19 via le GIP Haute Marne, qui gère les fonds d’accompagnement du laboratoire de Bure.
Une démarche très certainement désintéressée, décidée par des personnes profondément altruistes.
Merci le nucléaire !!!
(article de L'affranchi, 13/11/2020)

DUP de Cigéo : il va falloir être prêt-es !

Depuis que l'Andra a déposé sa demande de DUP en catimini début août, elle craint fortement que cette phase entraîne un surcroît de mobilisation. Il faut dire que la pilule a du mal à passer : les élus locaux déplorent un manque de concertation, les agriculteurs s'inquiètent pour leur avenir sur le territoire.

 

Probablement plus pour gagner des points plutôt que par bienveillance, l'Andra a mis en ligne le dossier de demande d'utilité publique (sic, on n'y arrive toujours pas) qui sera soumis à enquête publique l'année prochaine.

 

Viva la transparencia ! Disons que l'on sait un peu plus tôt que prévu à quelle sauce nous allons être mangés ! On en reparle très vite...

 

(article JHM, 9/11/2020)

L'attitude grotesque de l'Andra suite à la bande dessinée "Cent mille ans" sur Bure

Déjà fin octobre, l'Andra s'était faite remarquée : Binge audio a produit avec elle une série de 6 podcasts qui s'intitule.. 100 000 ans. Sans vouloir faire de mauvais esprits, cette ressemblance avait suscité plusieurs interrogations. Journalistes, twitosphère.. nombreux-ses sont celles et ceux qui avaient relevé la "coincidence".

Au-delà de ce curieux hasard, ce "publipodcasting" pose question, en particulier en raison du statut de l'ANDRA. Reporterre était revenu dessus. Depuis, Binge audio a invité les Pierre Bonneau et Gaspard D'Allens, les deux auteurs, ainsi que Cécile Guillard, l'illustratrice dans un podcast (à retrouver ici) où il est notamment question de l'évolution de la lutte antinucléaire au fil des décennies (qui se rappelle que la lutte antinucléaire est la plus ancienne lutte environnementale, si ce n'est la première lutte écologiste ?).

 

Récemment, l'Andra, fortement agacée par cet ouvrage, a tenu a réagir par voie de communiqué (auquel les associations opposées à Cigéo ont apporté cette réponse). Le sujet a ensuite bien agité la toile. Il est en effet flagrant que l'Andra est mal à l'aise dès qu'une parole divergente de sa sauce habituelle trouve des oreilles. La Revue Dessinée a répondu point par point, de manière détaillée, aux critiques qui lui sont opposées. Un exemple parmi d'autres : l'Andra publie un post où elle rappelle que le choix de Bure s'est fait sur des critères scientifiques et techniques. Mais les témoignages ressuscitent une toute autre histoire... Nous redécouvrons dans la bande dessinée la retranscription de ces mots de Philippe Rouvillois, administrateur du Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) en 1989, deux ans avant le moratoire de Rocard : "il apparaît de plus en plus que la contrainte principale est la capacité de la population locale à accepter le principe de stockage beaucoup plus que les avantages techniques relatifs aux différents types de sols". L'Andra falsifie l'historique du projet Cigéo, ne l'assumerait-elle pas ?
Ce que l'Andra déteste par dessus tout, c'est ne pas contrôler sa communication. De fait, les publi-reportages et l'achat de youtubeurs ne lui suffisent pas. Qu'une parole critique trouve un écho avec cette bande dessinée la dérange alors que nous ne combattons pas à arme égale. Contrairement à elle, nous n'avons pas un million d'euros de budget pour la communication... !
L'Andra a aussi eu l'audace de proposer une rencontre à La Revue Dessinée alors qu'elle avait refusé visite et entretien parce que l'angle et les auteurs "ne l'intéressaient pas" (l'épisode est relaté dans la BD dans cet article "L'impossible visite du laboratoire"). Si l'Andra se dit "prête à débattre", il est évident que ce n'est pas avec tout le monde ! Si l'Andra se vante d'accueillir de nombreux visiteurs, journalistes et médias tout titre et toutes opinions confondues, elle ne précise pas qu'elle les sélectionne.. Les témoignages se sont succédés. Les auteurs de La Revue Dessinée ont cherché à obtenir un entretien avec l'Andra mais n'y sont pas parvenus. Le journaliste Sébastien Bonneti (journaliste au Républicain Lorrain et auteur du documentaire critique "À Bure pour l'éternité") s'est vu répondre qu'il n'était pas « n'importe qui » et qu'il avait « un passif ». Isabelle Masson Loodst, réalisatrice du film "Un héritage empoisonné", a relevé qu'au cours de son enquête journalistique l'accès au laboratoire souterrain lui avait été refusé pour des prétextes divers et variés.

A réécouter :
- Gaspard D'allens était l'invité de La Terre au Carré le 13/11/2020 et de 28 minutes sur Arte le 29/11/2020
- La parole de l'éditrice, Amélie Mougey : "Cent mille ans est un récit d'utilité publique"

A mettre dans toutes les mains et au pied du sapin !

Vous devez démonter un orgue pour le remettre en état ? Le coût de l'opération est de 180 000 euros ? Pourquoi vous ne demandez pas à l'Andra ?

Le (superbe par ailleurs) orgue de l'église Notre-Dame à Saint-Dizier est démonté en vu de sa prochaine réfection. L'adjointe au maire Mme Robert-Dehault, venue faire le point, demande au conservateur du musée "on n'a pas fait de demande à l'Andra ?" ce à quoi le conservateur répond par la négative, et le gérant de l'entreprise en charge de la réhabilitation d'ajouter "c'est pas plus mal".
Pour quelqu'un qui n'est pas du coin, on imagine que cette brève ferait froncer les sourcils : que vient faire l'Andra dans la réhabilitation d'un orgue ?
L'anecdote est révélatrice : en Haute-Marne comme en Meuse, quand on pense Andra, on pense moins à un laboratoire qui étudie un stockage géologique de déchets radioactifs qu'à une fondation pour le consentement de l'enfouissement des déchets nucléaires.
ça peut prêter à sourire, mais c'est scandaleux.
(article JHM, 23/10/2020)

Les petites infos autour d'Unitech

Nous aurions aimé vous annoncer une bonne nouvelle en cette fin d'année 2020...

 

 

Depuis la date fatidique du 15 octobre, nous étions en attente de la décision du directeur d'Unitech Jacques Grisot qui, fin septembre, avait déclaré au Journal de la Haute-Marne que concernant Unitech "toutes les options étaient sur la table". Depuis, on s'interroge : renoncera ? renoncera pas ?

 

 

Nous en savons plus depuis le 9 décembre : « aucune décision avant plusieurs mois » d’après Jacques Grisot, interrogé par le JHM. Il semblerait bien que Unitech, en plus de ne pas se sentir soutenu par les élus locaux, s’inquiète des procédures juridiques à venir...

 

(article JHM, 9/12/2020)

 

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