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L'actualité Cigéo/Bure/Unitech de la semaine !

SUITE - et probablement pas fin.. - des "Petits dérangements entre élu-es" !

L'argent de Bure, en Haute-Marne, met un coup de projecteur sur les chamailleries locales des élu-es : alliances de circonstances, intérêts électoraux, les langues qui fourchent.. mais jamais un mot sur Cigéo ! La preuve avec les articles de la semaine.

 

Fin décembre, nous faisions un focus sur la saga ABBA/SIDO concernant l'argent de Bure (le gouvernement avait proposé dans son projet de loi de finances 2020 d'étendre les fonds d'accompagnement du laboratoire du rayon historique de 10 kilomètres à la Communauté de communes du bassin de Joinville, mais un amendement déposé par Bérangère Abba a reporté l'octroi de ces fonds, la CCBJC en mauvaise santé financière faisant l'objet d'un examen par la Cour des comptes). Chaque semaine, la saga prend quelques pages supplémentaires. Le maire de Saudron et vice-président de la CCBJC Jean-François Maréchal s'est exprimé à l'occasion de l'assemblée générale du GIP et a fustigé "l'action acharnée" de Bérangère Abba, secondé par le président de la CCBJC Jean-Marc Fèvre (voir les articles du JHM du 14 janvier "Les dotations du GIP acquises jusqu'en 2022" ainsi que celui du 16 janvier "Cigéo : Jean-François Maréchal fustige Bérangère Abba"). Le maire de Joinville Bertrand Ollivier est aussi pris plus indirectement cible au sujet de cet amendement, étant supposément un proche de Bérangère Abba - tandis que les langues fourchent régulièrement sur l'animosité prétendue entre lui et Jean-Marc Fèvre. Le candidat aux municipales à Joinville et autre vice-président de la CCBJC Philippe Neveu joue aussi sur ce potentiel conflit entre la municipalité de Joinville actuelle et la CCBJC (article du JHM du 17 janvier "Pour un rapprochement avec l'intercommunalité"). 

 

Sans avis particulier sur ces relations politiciennes, nous sommes tout de même sidérés de constater que les intérêts électoraux et l'argent de Bure priment  sur les véritables enjeux (alors même que les élu-es côté pro-Cigéo du département reconnaissent le manque de projets structurants permis par le GIP - constat partagé côté meusien). Une lettre d'un habitant de Rizaucourt a été publiée dans le courrier des lecteurs du JHM le 20 janvier sous ce titre "Jérémiades bure'lesques de maires", félicitant la députée de Haute-Marne de cette petite action, regrettant en revanche qu'elle ne s'inscrive pas dans un combat plus large de la députée au Ministère de la Transition Ecologique ; celle-ci se faisant alors plutôt arbitre des chicailleries locales qu'actrice d'une démarche de défense du territoire.

UNITECH : faire confiance, c'est renoncer au combat !

Lorsque Philippe Neveu nous dit de "faire confiance aux organismes de contrôle" pour Unitech, nous n'avons pas confiance en Neveu (article du JHM du 17 janvier). Tout comme lorsque la préfète de Haute-Marne Françoise Souliman nous enjoignait de "faire confiance à l'État".
La réponse facile de celles et ceux qui en ne prenant pas position font preuve d'une passivité redoutable. De manière générale quand il s'agit de nucléaire, non, il ne faut pas avoir confiance. Avoir confiance en un Etat historiquement nucléaire et ce alors que les différents gouvernement n'ont jamais adopté de propositions subversives en matière de politique énergétique ? Alors qu'une poignée d'élu-es locaux depuis 25 ans ont permis l'implantation du laboratoire et aujourd'hui attendent impatiemment l'arrivée de Cigéo comme un miracle à la déprime économique des départements ? En ces élu-es qui seront pleinement responsables de l'exode de la population locale qui fuira la proximité du plus grand sarcophage nucléaire au monde, ne souhaitant pas vivre au milieu des becquerels ? Avoir confiance relèverait de la soumission et nous inciterait à renoncer. Non, nous n'avons franchement pas confiance, et encore moins en celles et ceux qui nous demandent d'avoir confiance !

Les Allemands s'intéressent à Bure, article de l'Est Républicain du 19 janvier

Une délégation de Land de Basse Saxe s'est rendue à Bure vendredi dernier. Si d'ici 2022 l'Allemagne sera sortie du nucléaire, il lui restera quand même, comme tout pays ayant eu recours au nucléaire, des déchets nucléaires à gérer (des dizaines de milliers de mètres cubes). Et outre-Rhin, l'opinion face au stockage géologique se montre plus virulente. À Gorleben, le projet d'enfouissement de déchets radioactifs dans une mine de sel ne verra pas le jour. Les Allemands ont probablement en mémoire l'échec de Asse, le stockage de 126 000 de barils de déchets faiblement et moyennement radioactifs en mine de sel, où depuis 1988 de l'eau s'inflitre dans les galeries (ce que la population n'a su que 20 ans plus tard !)... Depuis 2010, le site est condamné et la récupérabilité des déchets n'est pas pour demain.
Alors on se demande bien ce que la délégation est venue chercher à Bure, puisque en France les autorités ne sont pas capables de prendre au sérieux ce retour d'expérience ! A l'époque, le secrétaire fédéral à la science en Allemagne considérait que "le risque d’une infiltration d’eau dans le sel pouvait selon toute vraisemblance être écarté". Le site était vanté comme géologiquement stable depuis 70 millions d'années. Les couches salines ? Imperméables ! L'installation ? Réversible ! L'Andra a bien appris la leçon, même si elle n'en a pas tiré les bonnes conclusions. La délégation ne sera peut-être pas venue pour rien : l'Andra lui aura sans doute donné quelques tuyaux en matière de d'acceptabilité sociale !

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